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Présentation de l'initiative

Essaimage de l’initiative dans la sous-région

Un cinéma fait par des Africains pour des Africains émerge et s’installe d’une manière différente dans les différents pays francophones de la sous-région: Burkina Faso, Mali, Sénégal, Niger, Cameroun, Gabon, Tchad, Togo, Bénin, Côte d’Ivoire.

Mais les fondements de ce cinéma sont partout les mêmes, bien résumés dans un plaidoyer du réalisateur burkinabè Boubakar Diallo, qui décrit sa situation ainsi:

«Je suis parti d'un constat simple, à savoir que les salles de cinéma ferment en série parce que les cinéastes africains ne donnent pas au public ce qu'il attend. L'essentiel n'est pas le support, mais l’émotion que nous proposons au public. Il est nécessaire d'entretenir l'engouement du public en lui servant des films constamment, au lieu de réaliser un film à grand budget tous les cinq ans et le laisser sur sa faim dans l'intervalle. Si des réalisateurs avaient eu une telle exigence, nous aurions eu de la matière à fournir aux spectateurs et les salles de cinéma n'auraient pas fermé leurs portes. Le coût moyen des productions low budget est de 40 à 50'000 € pour 90 minutes. On propose une visibilité pour les annonceurs publicitaires (eau minérale, téléphonie mobile, motos, etc.) qui financent une part substantielle de nos films. Quant on démarre le tournage, on invite tout de suite la presse. Le public est au courant, le film sort dans les grandes salles du centre ville pendant 2 ou 3 semaines, puis on ouvre aux salles de quartier.»

Faire essaimer l'initiative développée au Burkina Faso dans la sous-région est nécessaire au moins pour deux raisons: construire un marché d’une taille viable et stimuler la production d'un nombre de films suffisant pour approvisionner ce marché.

Nous ne connaissons pas en détail la réalité concrète de l’exploitation des films low budget dans chacun des pays de la sous région, mais nous savons que les producteurs, distributeurs et exploitants directement concernés seront les mieux à même de s’approprier l’exemple burkinabè pour l’adapter à leur réalité.

Cet essaimage sera sans aucun doute soutenu activement par les productrices et producteurs du Burkina Faso. Car, comme le dit encore une fois Boubakar Diallo:

«On a gagné une étape au Burkina, mais le marché est trop petit. On ne pourra pérenniser ce début d’industrialisation du cinéma que si on organise la circulation des films dans les pays voisins. Des séries télévisées comme Khadi Jolie, Bobodioufs, etc., ont marché dans tout l’espace francophone de l’Afrique subsaharienne car, de Dakar à Libreville, il y a des sensibilités communes.»

L’ouverture à la sous-région pourra, selon les besoins et les vœux des producteurs concernés, se réaliser via la mise en place, pays par pays, d’un système comparable à celui actuellement mis en place au Burkina Faso.

L’intégration de chaque initiative nationale à la diffusion des films au niveau sous-régional reste encore à examiner.

Charte, statuts et règlements Archive: Rencontre de lancement, 27 - 29 février 2012, Ouagadougou